Expatriation (Mathieu Babin)

Retour d’expérience
Première interview d’une nouvelle série : Retour d’expérience.
Cette série a pour but de renseigner ceux qui se posent des questions sur (ou qui n’osent pas tenter) une expérience qui touche au design.
Mathieu Babin
J’ai eu le plaisir de travailler avec Mathieu Babin, un web & motion designer plein de talent (allez donc faire un grand tour sur son site coffeeandbrownie.net).
En 2008 (à 24 ans), il a décidé d’élargir son horizon en tentant sa chance à Montréal et ça lui a bien réussi
. Il y est resté un an.
Voici son retour d’expérience.
Merci Mathieu !
Comment t’es-tu préparé à ton expatriation ?
Je me suis surtout occupé des choses administratives, comme Visa, Assurances. Et puis trouver où dormir la première semaine quand on arrive dans une nouvelle ville.
Avais-tu déjà des contacts professionnels là-bas ?
Non, je fais souvent une recherche avant de partir pour identifier les 4/5 studios qui me plaisent vraiment, puis une deuxième série de 15/20, et après tout le reste. J’envoie un mail à la première série deux semaines avant de partir, puis une semaine pour la deuxième série et ainsi de suite.
Quels ont été les difficultés que tu as rencontrées ?
Trouver un employeur qui veuille bien “prendre un risque” et “parier” sur le fait que tu va rester dans la ville/pays. L’intérêt pour eux c’est que tu apportes du sang neuf et que, souvent, tu es moins bien payé qu’un “local” car il est dur de connaître les “prix du marché” avant de partir. Autre difficulté, comme tu te retrouves dans une situation précaire (souvent dormir dans une auberge de jeunesse au début, pas de revenus les premières semaines …) tu es tenté d’accepter le premier boulot, au risque de finalement passer à coté d’une meilleure opportunité qui aura simplement mis plus de temps à arriver. Une fois qu’on a un boulot c’est comme déménager dans n’importe quelle ville de France, trouver un appart, mettre ses papiers en règles etc…
As-tu vu une différence au niveau professionnel entre la France et ces pays ? Et la France ça t’as manqué ?
Dans le monde Anglo-saxon on te laisse souvent plus rapidement ta chance, il est plus facile de se faire une place, d’intégrer les meilleurs studios sans avoir fait les 3 écoles classiques parisiennes… Il est plus facile aussi de se réinventer, d’évoluer dans son métier (graphiste print qui se met au motion, ne faire plus que du compositing, première expérience en temps que réalisateur etc…) En contre partie à la première bourrasque économique les licenciements ne se font pas attendre, mais de ce coté-ci la précarité n’est pas forcément plus manifeste que en France. Pour le mal du pays ça dépend de chacun, les premiers mois sont souvent très excitants, au bout d’un moment on souhaite quand même revoir ses potes et sa famille et les questions de fond apparaissent comme “ai-je envie de rester 1 an, 5 ans ou 10 ans ?” C’est souvent plus fonction des possibilités (visa) et opportunités (studio proposant un bon poste à bon salaire, vie sociale …)
Que ferais-tu différemment si c’était à refaire ?
Pas grand chose, je crois qu’il ne sert à rien d’en faire une montagne et de bloquer sur chaque détail, c’est comme de déménager de Lyon à Toulouse par ex, ça se prépare un peu mais dans l’absolu c’est juste histoire d’aller voir ailleurs. Surtout ne pas avoir peur de l’échec, au pire c’est quelques semaines de vacances dans un endroit sympa du monde.
Tu repars quand et où ?
J’essaye de partir a New York ou San Francisco, avec les problèmes de visa je ne sais pas quand ça se fera, mais dans pas longtemps je l’espère.
Donc bonne route Mathieu