Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)

ced smile1 Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)Cédric Thiébaut est un talentueux designer spécialisé dans la 3D (modélisation et animation) et le motion design. Il fait également du web design. Vous pouvez voir son travail sur son site onedesignonline.fr qu’il ne met hélas pas à jour vu qu’il a pas mal de commandes icon confused Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)

J’étais son chef de studio quand il a profité d’un licenciement économique pour s’envoler pour le monde des freelances. J’ai du coup suivi son expérience et me suis dit que cela pouvait en intéresser certains.

Place donc au retour d’expérience de Cédric Thiébaut.

Comment t’es-tu préparé à ton passage en freelance ? Quelle solution as-tu choisi ?

D’abord il faut avoir l’idée car en ayant été toujours salarié, on est habitué à un certain confort et le passage au freelance nous fait penser à une sorte de plongeon dans le vide, il faut être quand même être soutenu surtout si l’on a déjà une petite famille à charge.
Il y a eu plusieurs facteurs qui sont rentrés en compte et dans un bon timing.

Au départ je voulais me lancer à moitié à côté de mon activité que devenait un peu moins passionnante.
Je suis donc allé voir un expert-comptable qui m’a expliqué que le meilleur des cas est d’être licencié et de commencer à plein temps et surtout pas à moitié. Le tout en touchant les indemnités chômage (15 mois maxi à partir du début de l’activité) mais en contrepartie de ne pas se rémunérer, et en bénéficiant de l’ACCRE (aide pour les créateurs et repreneurs d’entreprises qui consiste à une exonération d’une partie des charge de la première année).

Et au même moment notre employeur nous annonce qu’il souhaite se séparer (virer) de la moitié du studio design.
Je me dis que le seul risque est que je recherche du travail si cela ne fonctionne pas.
J’ai suivi les conseils de l’expert-comptable est j’ai donc créé une SARL unipersonnelle (ou EURL). Ce statut m’a été conseillé car il sépare bien la société du gérant, et pour le long terme si il y a évolution la structure ou le statut sera le même, pas de plafond de CA par exemple contrairement à la MDA ou en AE (qui a été créé tout juste quand j’ai commencé).
Le point noir est la comptabilité mais j’ai de la chance d’avoir une femme comptable.

Voilà pourquoi je dis qu’il y a eu pas mal de facteurs qui sont rentrés en compte.

Avais-tu déjà des futurs clients potentiels ?

Non pas vraiment, disons que j’avais plusieurs années (9 ans) d’expérience professionnelle et pour le début j’ai essayé de recontacter des personnes avec qui j’avais pu travailler avant en leur faisant “youhou je suis free maintenant appelez-moi !”.
Mais finalement pendant 2 ans je n’ai pas vraiment travaillé avec d’anciens contacts.

Quels ont été les difficultés que tu as rencontrées ?

Concernant la paperasse j’étais plutôt aidé par madame, je n’y ai pas touché une seule fois à part pour signer et on signe beaucoup de choses à la création, mais ça aurait pu être un problème, j’ai horreur de ça.
Mais la grosse difficulté est sur le plan commercial, quand t’es graphiste salarié le boulot vient à toi, même trop parfois.
Mais en indépendant c’est tout l’inverse tu cours après le boulot surtout au début.
La négociation avec les clients est difficile… il m’est arrivé de ne pas dormir parce que je pensais avoir perdu un gros contrat, j’ai découvert un nouveau stress.
Avoir à justifier sans cesse les prix est fatiguant au début. Après on s’y fait, forcement on ne justifie plus, c’est le prix épicétou.

Quelle différence au niveau professionnel et social entre freelance et salarié ?

La différence au niveau professionnel, je n’en vois pas beaucoup je me retrouve à faire exactement le même boulot qu’avant sauf que j’ai le client en direct et je n’ai pas le tampon d’un chargé de projet ou d’un chef de studio, sauf avec les agences et là je me retrouve vraiment dans les même conditions mais sans responsable au dessus icon smile Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)

Et sinon toute la journée on est vraiment tout seul (aller on verse une tite larme), mais tranquille d’un autre côté, trop parfois (re tite larme).
On me dit “mais t’as plein de temps libre tu fais ce que tu veux quand tu veux” Oui mais tu ne comptes plus tes heures entre le commercial, la gestion, l’autoformation, et le vrai travail facturé les journées paraissent bien courtes.

Il faut être organisé … je n’ai pas encore super bien appliqué ce point.

Que ferais-tu différemment si c’était à refaire ?

Rien, le timing et les événements étaient nickels.

La suite ?

J’espère pouvoir faire dans le boulot des trucs dans lesquels je m’éclate et surtout avoir toujours du travail (même des trucs dans lesquels je m’éclate moins) pour ne pas redevenir salarié, être indépendant c’est tellement bon.

La question que j’aurai du poser ?

Bon ok peut-être la question que l’on me pose souvent :
Est-ce que ça rapporte plus ?

Pour les premières années et pour mon expérience si on parle d’argent carrément pas mais si on ajoute le confort de vie surtout si on a une petite famille ça n’a rien à voir (gérer son temps, voir plus souvent ses enfants, aucun transport …).
Devenir graphiste indépendant pour être riche n’est pas la bonne méthode à moins d’être une star (y en a-t-il ?), mais on peut en vivre (chaque année nous réserve bien des surprises).

Bye

Bye et merci Cédric icon smile Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)
Vous avez un retour d’expérience différent sur le métier de freelance ou autre ?
N’hésitez pas les commentaires ou les demandes d’interviews sont les bienvenues icon smile Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)

Retours d’expérience récents :
devenir Motion Director (Clément Gino)expatriation (Mathieu Babin)




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