Retour d’auditeur: Ensad, Web et recherche sur l’identité numérique dans la mobilité

Avant d’attaquer cet article, je dois indiquer qu’ici je fais part de ma compréhension de ce colloque avec mes propres mots, connaissances et expériences.
Il s’agissait cependant d’une conclusion d’études et de recherches longues de deux ans par des étudiants étant aussi des professionnels aguerris. Je leur proposerai donc la possibilité d’une réponse à cet article car ma compréhension est légère par rapport au poids de leur travail.

Deux sujets sociologique qui m’intéressent, et dont j’avais déjà parlé, se sont rappelés à moi, le nombre de Dunbar* et le redonner du sens par/à l’humain: “Le progrès technique ne suffit pas pour créer un progrès de la communication humaine et sociale. Opposer les anciens et les nouveaux médias est une problématique dépassée; il faut les penser ensemble. L’essentiel de la communication n’est pas du côté des techniques mais du côté des hommes et des sociétés.” Dominique Wolton

Web et recherche sur l’identité numérique dans la mobilité

A noter : chaque étudiant était « couplé » à un sociologue pour parler de l’étendue sociale de la recherche.

- Présentation par Rémy Bourganel et Étienne Mineur
- Hic & Nunc de David Serrault et avec Stéphane Hugon
- Soul player de Kevin Boezennec et avec Dominique Cardon
- Neen de Geoffrey Dorne et avec Stefana Broadbent
- Intervenants extérieurs : Stéphane Vial, Giuseppe Attoma et Daniel Kaplan

 

 

1. Présentation du programme 2011-2012

par Rémy Bourganel et Étienne Mineur
Professeurs chercheurs ayant une expérience professionnelle liée aux sujets

Ici on parle de design d’interfaces d’outils de communication numérique et d’expérience utilisateur.

UNE NOTION CLEF : le big now, percevoir une activité hors de son activité propre.

NOTIONS PRISES A LA VOLÉE :  la métaphore d’un flux, multi-support, théâtraliser l’expérience, l’espace d’expérience, temporalité (représenter les notifications éphémères), présence et continuité.

Ici, j’avais une tonne de questions, la plupart ont été traitées dans la présentation des 3 workshops.

MON INTERPRÉTATION EN MUSIQUE **: Everyone in the World Is Doing Something Without Me de Future Sound of london. Pour cette réalité grandissante du monde qui continue à tourner sans nous, pour le côté techno opposé à l’élégance d’une voix tellement vibrante d’humanité. On parle beaucoup d’identité et de continuité dans la présence, et de ce côté éphémère d’un type d’information.

 

2. Hic&Nunc de David Serrault

Présenté par David Serrault et Stéphane Hugon

« Je suis {ici} et {maintenant}, je vais bien et je pense à toi. »
Comment créer en situation de mobilité, un espace partagé intime entre deux personnes situés géographiquement à distance?
(David Serrault )

DEUX NOTIONS CLEFS : c’est par des signaux faibles que l’on crée des relations fortesle ré-enchantement : reconfigurer les processus d’anamnèse (histoire du sujet).

NOTIONS PRISES A LA VOLÉE : laisser une trace, être ensemble, changement de l’imaginaire.

J’ai été convaincu par cette présentation par ces petits modules qui indiquent la présence (géolocalisaton, petit objet que l’on peut faire interagir sur l’écran de l’autre, …)

MON INTERPELLATION :
Stéphane Hugon parle de changement, j’aurai tendance à dire qu’il s’agit d’affinement. Plus un sujet s’enrichit en quantité, plus on voit également émerger une réflexion sur sa qualité.

 

3. Soul player de Kevin Boezennec

Présenté par Kevin Boezennec et Dominique Cardon

 

 

Je m’intéresse aux opportunités de rencontre dans des lieux de transition, de latence,  à des moments où nous sommes potentiellement disponibles et ouvert pour échanger sur nos centres d’intérêt, nos loisirs… (Kevin Boezennec)

DEUX NOTIONS CLEFS : réunification de l’identité et les masques que l’on peut porter.

NOTIONS PRISES A LA VOLÉE : identité, aura, réunification de la personne, quantification d’une personne par le métrique (je donne des listes pour me définir et je donne également des notes), on se mesure, on est là (donc présent ?).

Cependant Kevin Boezennec s’est attaqué à un sujet délicat car ici on ne parle plus de communication avec des proches mais de tous les types de relations numériques par le biais du gamer.

MON INTERPELLATION :
- les masques de Kevin Boezennec qui m’avait déjà été présenté il y a 20 ans par mon prof de droit (je n’ai fait que 3 mois),  l’idée que l’homme revêt un masque selon la fonction qu’il occupe et les personnes à qui il s’adresse. Pour moi il s’agirait plus ici de révéler ce que l’on croit devoir montrer pour obtenir un but. Plus le reflet éloigné et déformé d’un jeu de miroirs entre soi-même et les autres.
- Dominique Cardon : l’idée que l’espace virtuel est un simulacre est fausse.
De mon point de vue, c’est idée est vraie puisqu’il s’agit d’un espace où on ne peut être réellement, c’est pour cela qu’il faut de la finesse et de l’élégance pour mieux définir cet espace, pour le rendre plus réel.
De plus ce n’est pas l’espace de l’identité primale, ici on se projette, on est plus ce que l’on est mais un mélange explosif entre ce que l’on est et ce que l’on souhaite être car on peut se réinventer avec de nouveaux critères de jugements (je suis chétif et sans autorité mais dans ma communauté je suis un caïd, … ).

MON INTERPRÉTATION EN MUSIQUE : Colorblind de Counting crow pour ce passage :
I am covered in skin / No one gets to come in /Pull me out from inside /I am folded, and unfolded, and unfolding


4. Neen de Geoffrey Dorne

Présenté par Geoffrey Dorne et Stefana Broadbent

Neen est un projet qui étudie la notification au travers de la communication phatique, émotionnelle et non-verbale. Visant à introduire la fluidité, l’humeur et la politesse, il revisite la présence numérique, la communication non verbale, ainsi que les messages ou les notifications d’appels grâce à des designs probes (Geoffrey Dorne)

DEUX NOTIONS CLEFS : présence non verbale, comprendre l’utilisateur dans ses habitudes d’utilisation. (Stefana Broadbent a particulièrement insisté là-dessus)

NOTIONS PRISES A LA VOLÉE : élégance, politesse, jeux, itération, sentiment, communication non verbale, fluidité, interprétation.

J’ai été plus que convaincu par ce projet. Pourquoi ?

Parce que j’ai retrouvé dans la présentation de Geoffrey Dorne deux types de sentiments vitaux retranscrits avec finesse et poésie par son application, la relation amoureuse (amour/amitié, le jeu de la communication par l’échange de ses “petits papiers”) et les sentiments réactifs forts (la colère du mec qui jette son tel).
Est-ce que j’utiliserai cette interface si je le pouvais ? Sans hésiter (pour un certain type de correspondants) !

LE LIVRE AUQUEL J’AI PENSE : Le château des destins croisés d’Italo Calvino, pour la partie expérience que Geoffrey a tenté pendant un an avec un ami : ne communiquer qu’avec des images. Ce bouquin reprend cette notion plus la notion d’interprétation multiple selon la suite d’éléments visuels.

 

5. J’ai particulièrement apprécié l’intervention de Daniel Kaplan qui a rappelé de ne jamais oublié le but du design, apporter un réel plus à l’utilisateur. Il a également parler de questions d’éthique et, pour ceux qui suivent mon blog, vous connaissez mon intérêt pour cette question.

 

6. Présentation du programme 2011-2012
Objectif : plus d’étudiants et le lancement d’un projet à long terme : un OS !

 

7. Conclusion :
Le monde numérique bouge très vite, les chercheurs de l’Ensad prennent le temps de réfléchir (dans tous les sens positifs du terme) à le rendre meilleur.
Les questions amènent d’autres questions, et c’est ainsi qu’on progresse. La réflexion sur l’identité définie par la communication numérique me semble sans fin, celle sur le meilleur moyen d’adapter l’objet par le design passionnante.
Merci à l’Ensad de m’avoir ouvert l’esprit car je n’ai pas fini de penser à tout ce que ce colloque m’a apporté comme sujets de réflexions. icon confused Retour dauditeur: Ensad, Web et recherche sur l’identité numérique dans la mobilité

 

La suite des mes réflexions ici: Design: réfléchir et redéfinir l’espace


*: Nombre de Dumbar = « […] taille d’un réseau social originel est limité à environ 150 membres […] ce nombre peut être dû à une certaine limite humaine à reconnaitre les membres et à capter les faits émotionnels concernant tous les membres d’un groupe […] »
**: j’ai noté des titres de chansons durant la conférence qui représentaient mon ressenti, ma façon de fonctionner…




Un commentaire

  1. [...] of the project after my article, workshops, prototype, studies, research papers, and recent conference given at EnsadLab in Paris – and I wouldn’t bother telling you that I had the opportunity to present Neen at [...]