Devenir Architecte d’information (David Serrault)
J’avais déjà eu le plaisir d’interviewer David Serrault suite au colloque de l’Ensad (Web et recherche sur l’identité numérique dans la mobilité).
Nous avions parler interface et donnée (dont géolocalisation), bref que de sujets qui me passionnent.
Après une semaine spéciale données je suis heureux de finir cette série sur cette interview
Pour commencer, c’est quoi un architecte d’information ?
Je ne crois pas qu’il y ait un profil type de l’Architecte de l’Information. Ceux que j’ai rencontrés avaient des parcours très différents et des champs d’expertises très variés. Certains viennent des sciences humaines, d’autres ont un profil plus axé sur l’ergonomie, d’autre comme moi ont une approche de designer. En revanche, s’il y a une caractéristique commune aux architectes de l’information, c’est la polyvalence. Pour ma part, si j’ai une formation initiale plutôt technique, j’ai aussi étudié les Arts Plastiques et j’ai longtemps travaillé comme web-designer. J’ai du mal à penser l’architecture de l’Information comme une profession à part entière, mais c’est une conception toute personnelle. Pour moi, l’Architecture de l’Information est avant tout une expertise, voire une attitude, qui consiste à aborder la conception d’un dispositif interactif en premier sous l’angle de sa structure de ses fonctionnalités et de sa finalité, en plaçant l’utilisateur final au centre de le la réflexion.
Etre architecte de l’information implique donc de posséder de l’expérience et des connaissances dans de très nombreux domaines : design, ergonomie, technologie, ainsi qu’une bonne expertise du produit sur lequel il travaille. Chez voyages-sncf.com, je suis en contact avec à peu près toute la chaîne de production des projets et j’interviens à de nombreuses étapes.
Quand t’es venu l’idée de pratiquer ce métier ?
En 2006, lors d’un break « études » en Master Multimédia Interactif à l’Université Paris 1, j’ai découvert l’Architecture de l’Information avec le merveilleux cours de Paul Kahn. Son approche de la conception des sites Internet et les outils de représentation qu’il utilisait m’ont passionné. Je pense qu’ils étaient tout à fait en phase avec mon désir d’avoir une approche plus globale des projets sur lesquels je
travaillais. Aller au-delà de l’habillage graphique, concevoir des systèmes porteurs de sens dans leur totalité. Penser la navigation, définir le contenu des pages, les regrouper en ensembles logiques. Une
démarche qui à une influence décisive sur la qualité du produit. Lorsque j’ai repris mon poste à lastminute.com, je suis devenu responsable de l’expérience client de la filiale française. Quelques temps plus tard, j’ai appris qu’une équipe UX était en train de se monter au siège à Londres pour travailler sur des projets de refonte au niveau Européen. Un poste d’architecte de l’Information était ouvert. J’ai postulé et j’ai été pris.
Est-ce que ce métier évolue (périphérie, spécialisations, ramifications, ..) aussi vite que l’information numérique ?
L’arrivée des terminaux mobiles change radicalement les métiers du Web. Adam Greenfield à dit un jour que ces évolutions allaient sonner le glas de l’architecture de l’Information. En fait je pense que l’on va plutôt aller dans le sens de l’élargissement des domaines auxquels l’architecture de l’information s’applique. On ne va plus s’intéresser uniquement à la structure d’un site Internet, objet digital confiné dans la fenêtre d’un browser et consulté sur l’écran d’un PC, mais plutôt à l’ensemble de l’écosystème d’information diffusé via une multitude d’interfaces. Bref, je vois assez bien émerger une nouvelle expertise qui aurait pour nom l’« architecture de services ». Les enjeux sont immenses. Assurer la cohérence, la pertinence et l’accessibilité de l’information, en considérant les aspects techniques, le contexte d’usage et les problématiques de gouvernance est d’une complexité folle, mais ce sera un aspect essentiel de la qualité des services pervasifs de demain.
As-tu rencontré de vraies difficultés ?
As-tu quelques conseils à donner à ceux qui veulent faire ce métier ?
Patience, humilité et obstination.
Parlons pratiques, outils, process… A quoi ressemble ton quotidien ?
En conclusion, pourquoi devenir Architecte d’information ?
C’est passionnant, d’abord car on est confronté à une très grande diversité de problématiques et d’intervenants. C’est aussi le plaisir d’intervenir très en amont de la conception, participé à ce moment un peu magique que représente le passage du concept à la forme. C’est aussi être au cœur des enjeux du Web de demain. En enfin, de ce que j’ai pu voir autours de moi, cette discipline peut constituer un tremplin vers des fonctions de management UX, car elle permet d’acquérir tout autant une expertise des usages, des attentes des utilisateurs qu’une vue des projets et des enjeux business des entreprises.
Merci à David Serrault pour sa justesse et sa simplicité.
Etre Porteur de sens, voilà un signe de pérennité et de réelle découverte (parmi les X nouveaux projets qui voient le jour sur nos écrans numériques quotidiennement).
Vous vous reconnaissez, comme moi, dans certains points évoqués par David ?
Si cela vous a intéressé, je ne saurai que trop vous conseiller l’Interview de David Serrault (Ensad/IDN)
Tous les visuels de cet article ont été fournies par David



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