Devenir Game designer (Thomas Planques)

Pour une première interview dans Retour d’Expérience sur le monde du jeu vidéo, je me devais de commencer par le game design (à ne pas confondre avec le graphisme). Thomas Planques, par ses expériences et sa polyvalence, m’a semblé le designer requis pour cela. Et je ne me suis pas trompé icon confused Devenir Game designer (Thomas Planques) . Ces réponses sont riches d’enseignements pour tous ceux qui veulent mieux comprendre le jeu vidéo comme objet de design.

 

Photo Thomas Planques Devenir Game designer (Thomas Planques)Peux-tu me donner la définition du game design ?

Quand je veux simplifier, je dis que le game design, ça consiste à créer les règles du jeu ainsi que l’univers et l’histoire. Ça pose les bases mais évidemment, c’est une simplification assez grossière. Game design, c’est un terme un peu fourre-tout. Ça couvre un spectre qui va d’une extrémité portée sur la technique et le calcul, à une autre extrémité portée sur la création et l’imagination.

…définir l’expérience de jeu voulue…

En tout début de production, en lien avec la direction créative, le game design consiste à définir l’expérience de jeu voulue, d’où vont découler les interactions que va pouvoir faire le joueur. On travaille sur le lien entre le gameplay et la narration : les actions que peut effectuer le joueur doivent être cohérentes avec l’ambiance dans lequel on veut plonger celui-ci. On veut un jeu frénétique et haletant ? On va demander au joueur une précision et une rapidité extrêmes, et lui envoyer plein d’éléments dangereux à chaque seconde (par exemple, un manic shooter comme DoDonPachi ou un beat’them all comme Devil May Cry). Au contraire, on veut un jeu poétique, calme, quelque chose tirant plus sur l’émerveillement ? On va plutôt demander de la réflexion, et ménager du temps au joueur pour profiter de l’atmosphère (Ico ou Flower illustrent bien une telle intention).

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Menu Retour d’expériences

Retour d’expériences est une série d’interviews mettant en avant un métier ou une expérience spécifique (expatriation, …).

Voici le menu des interviews métiers:

Devenir Illustrateur freelance (Florian Nicolle)
Devenir Architecte d’information (David Serrault)
Devenir Créateur de typographies (Jean-Baptiste Levée)
Devenir Motion Director (Clément Gino)
Comment passer de l’architecture à l’art ? (Anne-Laure Maison)

…et expériences :

Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)
Expatriation (Mathieu Babin)

Devenir Illustrateur Freelance (Florian Nicolle)

En juin,  je vous présentais mon coup de cœur pour les illustrations de Florian Nicolle aka Neo. Ce jeune designer / illustrateur  Caennais a un parcours déjà riche.

 

Voici donc son retour d’expérience icon smile Devenir Illustrateur Freelance (Florian Nicolle)

 

Comment s’est passé ta fin d’études et tes premières recherches de travail ?

La fin de mes études s’est très bien passée, obtention de mon diplôme de communication visuelle (print) avec les félicitations du jury pour ma campagne de pub.

Suite à cela j’ai été repéré par quelques agences sur Tours, mais je ne garde pas un bon souvenir de cette première et seule expérience (salarié) en agence.

Puis je me suis lancé free-lance depuis octobre 2009. Je me sens beaucoup plus épanoui en travailleur indépendant car cela me permet de gérer seul mes orientations, mes objectifs et mon état d’esprit dans le travail. Il est vrai qu’une carrière en free-lance peut demander une période + ou – longue avant d’en vivre, pour ma part cela m’a donnée 6 mois avant d’en vivre convenablement et 1 an avant d’être convié à illustrer pour des entreprises telles : Los Angeles Times, ESPN classic, Nike, Pepsi, Bayer. J’aime également la vie que me procure le free-lance, il y a continuellement des rebondissements, c’est un métier à vivre à plein temps.

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Devenir Architecte d’information (David Serrault)

J’avais déjà eu le plaisir d’interviewer David Serrault suite au colloque de l’Ensad (Web et recherche sur l’identité numérique dans la mobilité).
Nous avions parler interface et donnée (dont géolocalisation), bref que de sujets qui me passionnent.

Après une semaine spéciale données je suis heureux de finir cette série sur cette interview icon smile Devenir Architecte d’information (David Serrault)

 

Pour commencer, c’est quoi un architecte d’information ?

Je ne crois pas qu’il y ait un profil type de l’Architecte de l’Information. Ceux que j’ai rencontrés avaient des parcours très différents et des champs d’expertises très variés. Certains viennent des sciences humaines, d’autres ont un profil plus axé sur l’ergonomie, d’autre comme moi ont une approche de designer. En revanche, s’il y a une caractéristique commune aux architectes de l’information, c’est la polyvalence. Pour ma part, si j’ai une formation initiale plutôt technique, j’ai aussi étudié les Arts Plastiques et j’ai longtemps travaillé comme web-designer. J’ai du mal à penser l’architecture de l’Information comme une profession à part entière, mais c’est une conception toute personnelle. Pour moi, l’Architecture de l’Information est avant tout une expertise, voire une attitude, qui consiste à aborder la conception d’un dispositif interactif en premier sous l’angle de sa structure de ses fonctionnalités et de sa finalité, en plaçant l’utilisateur final au centre de le la réflexion.
Etre architecte de l’information implique donc de posséder de l’expérience et des connaissances dans de très nombreux domaines : design, ergonomie, technologie, ainsi qu’une bonne expertise du produit sur lequel il travaille. Chez voyages-sncf.com, je suis en contact avec à peu près toute la chaîne de production des projets et j’interviens à de nombreuses étapes.

 
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Devenir Créateur de typographies (Jean-Baptiste Levée)

C’est sur le site du magasine wallpaper que j’ai découvert le travail sur les typographies de Jean-Baptiste Levée.
Il avait intégré la section typographique de l’école Estienne en 2002 après une formation en communication visuelle.
Le travail de Jean-Baptiste touche beaucoup de domaines liées à la typographie, il suffit de lire sa bio. icon exclaim Devenir Créateur de typographies (Jean Baptiste Levée)

A l’heure où tout le monde se dit féru de typos, où on trouve des Helvetica addicts, il est intéressant de voir le parcours d’un professionnel icon confused Devenir Créateur de typographies (Jean Baptiste Levée)

2 Devenir Créateur de typographies (Jean Baptiste Levée)
Comment s’est passé ta fin d’études et tes premières recherches de travail ?

Plutôt bien. Avant d’obtenir mon diplôme je savais déjà que j’allais pouvoir collaborer avec le designer Christophe Badani* durant l’été. Et dès octobre, j’avais un contrat de DA dans un petit label de musique.

 
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Comment passer de l’architecture à l’art ? (Anne-Laure Maison)

alm Comment passer de larchitecture à lart ? (Anne Laure Maison)Anne-laure Maison est… je vais lui laisser la possibilité d’essayer de vous en dire plus.

Si j’avais été emballé par son travail pour le groupe Matelsom je suis définitivement conquis par son œuvre (et ce dès que son site s’est ouvert à mes yeux), justesse, sensibilité, simplicité, quand je vois son travail j’ai envie de sourire car je sens un écho dans son approche à l’humain que je suis icon twisted Comment passer de larchitecture à lart ? (Anne Laure Maison)

Avant de lire l’interview, je vous conseille d’allez sur son site, découvrir sa réflexion sur la maison, la respiration, et tout, car tout vaut le coup. Si vous ne l’avez pas compris j’ai un énorme coup de cœur pour cette artiste et j’espère que vous l’aurez aussi.

Place à l’interview icon smile Comment passer de larchitecture à lart ? (Anne Laure Maison)

 

Le plus compliqué est de donné un nom à ce retour sans limiter ton travail : j’avais pensé à artiste d’installation, artiste d’espace mais je préfère Retour d’expérience : comment passer de l’architecture à l’art ? As-tu une autre idée/préférence ?

Non, c’est pas mal et un peu vrai car je suis passée de mon désir de faire de l’architecture à celui de raconter des histoires d’architecture à travers mon travail d’artiste.

Architecture et art, quelle différence ?

Bien que l’architecture soit un art, pour moi, la différence vient des contraintes qui ne sont pas les mêmes…pour avoir pratiqué les 2, l’art m’offre une plus grande liberté. Tu choisis tes projets, tu crées ce qui te parait nécessaire de créer et c’est toi même qui t’imposes des contraintes…en archi, si tu veux vivre de ton métier, tu dois construire et donc  “subir” un client, un budget, et la réalité  des gens qui vont habiter ton “idée”…je ne dis pas que tu peux toujours tout faire quand tu es artiste mais en tout cas, c’est une façon de faire qui me convient mieux et qui me frustre moins. Je crois que c’est pour cela que de plus en plus d’archis sont également artistes et s’expriment aux travers d’expos… je pense à Didier Fiuza Faustino ou encore à Philippe Rahm.

Comment s’est passé ta fin d’études et tes premières recherches de travail ?

Mon stage de 4 ème année aux beaux-arts de Toulouse s’est fait dans l’agence de François Roche R&Sie à Paris, c’était mon modèle, le dieu sur terre de l’archi, ça se passait super bien du coup, l’école m’a autorisé a y rester…plus de 8 mois avec un vrai poste à la clé…je me suis installée à Paris et ai fait des aller retour pour préparer et passer mon diplôme en même temps, le dnsep, que j’ai obtenu avec mention.  Et puis le mythe s’est peu à peu écroulé et après un fort désenchantement, d’un commun accord, j’ai passé mon chemin. Quand dès le début, on réalise son rêve le plus cher et que l’on est déçu, il est difficile de rebondir et je n’avais aucune autre perspective “architecturale”…

Qu’est-ce que ça représente d’être résidente au Palais de Tokyo ?

C’est avant tout pour un coup de cœur architectural que j’ai postulé à la résidence “Le Pavillon” du Palais de Tokyo. J’adorais l’idée de pouvoir passer 8 mois à travailler dans ce lieu…
J’ai un peu halluciné d’avoir été sélectionné et ai vécu une super expérience…et c’est à ce moment que le champ de l’art s’est réellement ouvert à moi.
C’est sur que cette résidence est une super carte de visite…mais elle m’a aidé à trouver ma voie plus qu’elle n’a été un réel tremplin. Car à l’époque où je l’ai faite je ne savais pas que je pourrais être un jour artiste et je n’ai pas du tout profité de tout le système qui m’était mis à disposition…

Photo, collage, vidéo, … Comment te présentes-tu ?

Artiste pluridisciplinaire ! Bien que j’ai mis du temps à assumer ce titre d’”artiste”. Peu m’importe le support en fait, l’essentiel est que j’arrive à m’exprimer et fasse passer mon message, mon point de vue sur un sujet qu’il me parait nécessaire de traiter.

As-tu eu des désillusions par rapport à l’idée que tu faisais du métier ?

Oui et non, comme dans tous les métiers, bien qu’il soit décevant que cela s’applique à l’art, il y a des gens opportunistes et dont les dents rayent le parquet, le copinage, les mondanités hypocrites…beaucoup de choses que je ne suis pas…

As-tu rencontré de vraies difficultés ?

La plus grosse difficulté a été de trouver la confiance en moi et d’arrêter de remettre sans cesse ma légitimité en question. C’est pénible, fatigant et improductif au possible…

As-tu quelques conseils à donner à ceux qui veulent faire ce métier ?

Oser ! Et tenter ! Tout ce que j’ai obtenu, je suis toujours allée le chercher et la plupart du temps, je ne pensais pas que ça pouvait être possible…

Est-ce compliqué de vivre de son art ? Ici je ne pense pas aux détails de salaire mais aux choix, as-tu un agent ?

Non, mais si j’en avais les moyens je n’hésiterais pas car le plus dur pour moi c’est pas de créer mais de me vendre! c’est un boulot ingrat qui demande beaucoup d’énergie car la plupart du temps, tu te prends des vents (…quand les gens prennent la peine de te répondre!)

Comment évaluer son oeuvre en terme d’argent ?

C’est très difficile de donner un prix à son travail, c’est le côté positif de travailler avec les galeries, dont c’est le métier…même s’ils te prennent  50% au passage.

Et maintenant ?

J’ai trouvé un équilibre et produit seulement quand j’en ressens la nécessité et/ou l’opportunité (comme l’invitation d’art affaire de faire une résidence dans le groupe Matelsom)… je ne suis pas de ces artistes qui s’obligent à créer tous les jours…je ne me mets aucune pression avec ça… et ça me va très bien comme ça.

J’ai adoré ton travail pour le groupe Matelsom. Il me semblait simple et juste. En espérant que tu me comprennes, est-ce compliqué d’arriver à un résultat simple ou est-ce un résultat naturel ?

Ce travail pour Matelsom n’a vraiment pas été évident pour moi…mettre un “artiste” dans un bureau et lui dire de créer avec la matière qu’offre l’entreprise n’est pas simple…de plus que je n’étais pas tellement désirée par les collaborateurs au départ. Ils traversaient une période très difficile et se demandaient comment le boss avait pu penser à envoyer un “artiste”!
Mais petit à petit, j’ai trouvé des ruses pour les approcher…discuter…et ils se sont ouverts peu à peu à moi…en revanche, je n’aurais jamais autant fumé et fait de pauses cafés de ma vie!!!  et puis j’ai commencé mes premières interventions, et les gens étaient finalement très réceptifs à mon travail. La justesse vient du temps que j’ai passé à écouter et capter l’environnent, je n’étais pas là pour imposer un travail mais au contraire pour travailler sur eux, avec eux…

Pour ce qui est de la simplicité… je crois que c’est ma façon d’ être… Je me souviens de 2 installations que j’avais fait au Palais de Tokyo pour l’exposition collective “The final cut”, “Respiration (2)” qui consistait en un haut parleur diffusant le son de ma respiration dans l’espace d’exposition et “House” un dessin au laser, sensible et imperceptible… Bref, je me souviens encore de la réflexion que l’on m’avait fait…à savoir si je n’avais pas quelque chose de plus voyant et gros à montrer car il fallait que j’en profite… j’étais au Palais de Tokyo!!!
contact estelle Comment passer de larchitecture à lart ? (Anne Laure Maison)
A voir également sur le site de Anne-laure pour Matelsom Welc-homeEntrée des artistesArchitecture-SDerrière la porte portraits intimes

Quelles affinités ressens-tu avec l’art de rue ?

Je suis admirative… en fait, j’adorerais être une street artiste mais je n’en ai pas les “c….”. J’ai plein de projets de rue en tête, mais je n’ose pas… (par peur d’être dans l’illégalité, d’être regardé en train de bosser…je suis extrêmement timide…) j’ai du graffer une fois dans ma vie mon “nom” au poska et j’ai mis 3 jours à m’en remettre…ce n’est vraiment pas mon truc…
J’ai tout de même réussi à exposer 2 fois dans la rue, grâce à l’association le M.U.R  sur le grand panneau publicitaire dédié aux street artistes à Oberkampf et grâce au festival photo de Levallois-Perret qui a exposé toute ma série de tableaux d’intimités dans des panneaux rétro éclairés Decaux sur la place de l’hôtel de ville de Levallois-Perret, c’était 2 expériences extraordinaires…

Quand je lis l’intro de ton site, j’ai l’impression que ton travail se veut également auto-thérapeutique. C’est le cas ?

En fait, tout à commencé par ce travail lors de notre voyage au Cambodge avec le Pavillon et de la remarque que m’avait fait Pascal Beausse sur la relation entre mes préoccupations artistiques et mon patronyme. Je ne sais pas si le terme est bon, mais effectivement, j’ai eu au départ un besoin intrinsèque de travailler autour de la maison comme pour donner un sens à mon nom qui n’en a pas eu tellement dans mon enfance, de “construire” quelque chose autour de ça… mais j’y pense de moins en moins et ce n’est vraiment plus ma motivation première.

 

Comme d’habitude, vos avis /retours sont souhaités icon smile Comment passer de larchitecture à lart ? (Anne Laure Maison)

Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)

ced smile1 Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)Cédric Thiébaut est un talentueux designer spécialisé dans la 3D (modélisation et animation) et le motion design. Il fait également du web design. Vous pouvez voir son travail sur son site onedesignonline.fr qu’il ne met hélas pas à jour vu qu’il a pas mal de commandes icon confused Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)

J’étais son chef de studio quand il a profité d’un licenciement économique pour s’envoler pour le monde des freelances. J’ai du coup suivi son expérience et me suis dit que cela pouvait en intéresser certains.

Place donc au retour d’expérience de Cédric Thiébaut.

Comment t’es-tu préparé à ton passage en freelance ? Quelle solution as-tu choisi ?

D’abord il faut avoir l’idée car en ayant été toujours salarié, on est habitué à un certain confort et le passage au freelance nous fait penser à une sorte de plongeon dans le vide, il faut être quand même être soutenu surtout si l’on a déjà une petite famille à charge.
Il y a eu plusieurs facteurs qui sont rentrés en compte et dans un bon timing.

Au départ je voulais me lancer à moitié à côté de mon activité que devenait un peu moins passionnante.
Je suis donc allé voir un expert-comptable qui m’a expliqué que le meilleur des cas est d’être licencié et de commencer à plein temps et surtout pas à moitié. Le tout en touchant les indemnités chômage (15 mois maxi à partir du début de l’activité) mais en contrepartie de ne pas se rémunérer, et en bénéficiant de l’ACCRE (aide pour les créateurs et repreneurs d’entreprises qui consiste à une exonération d’une partie des charge de la première année).

Et au même moment notre employeur nous annonce qu’il souhaite se séparer (virer) de la moitié du studio design.
Je me dis que le seul risque est que je recherche du travail si cela ne fonctionne pas.
J’ai suivi les conseils de l’expert-comptable est j’ai donc créé une SARL unipersonnelle (ou EURL). Ce statut m’a été conseillé car il sépare bien la société du gérant, et pour le long terme si il y a évolution la structure ou le statut sera le même, pas de plafond de CA par exemple contrairement à la MDA ou en AE (qui a été créé tout juste quand j’ai commencé).
Le point noir est la comptabilité mais j’ai de la chance d’avoir une femme comptable.

Voilà pourquoi je dis qu’il y a eu pas mal de facteurs qui sont rentrés en compte.

Avais-tu déjà des futurs clients potentiels ?

Non pas vraiment, disons que j’avais plusieurs années (9 ans) d’expérience professionnelle et pour le début j’ai essayé de recontacter des personnes avec qui j’avais pu travailler avant en leur faisant “youhou je suis free maintenant appelez-moi !”.
Mais finalement pendant 2 ans je n’ai pas vraiment travaillé avec d’anciens contacts.

Quels ont été les difficultés que tu as rencontrées ?

Concernant la paperasse j’étais plutôt aidé par madame, je n’y ai pas touché une seule fois à part pour signer et on signe beaucoup de choses à la création, mais ça aurait pu être un problème, j’ai horreur de ça.
Mais la grosse difficulté est sur le plan commercial, quand t’es graphiste salarié le boulot vient à toi, même trop parfois.
Mais en indépendant c’est tout l’inverse tu cours après le boulot surtout au début.
La négociation avec les clients est difficile… il m’est arrivé de ne pas dormir parce que je pensais avoir perdu un gros contrat, j’ai découvert un nouveau stress.
Avoir à justifier sans cesse les prix est fatiguant au début. Après on s’y fait, forcement on ne justifie plus, c’est le prix épicétou.

Quelle différence au niveau professionnel et social entre freelance et salarié ?

La différence au niveau professionnel, je n’en vois pas beaucoup je me retrouve à faire exactement le même boulot qu’avant sauf que j’ai le client en direct et je n’ai pas le tampon d’un chargé de projet ou d’un chef de studio, sauf avec les agences et là je me retrouve vraiment dans les même conditions mais sans responsable au dessus icon smile Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)

Et sinon toute la journée on est vraiment tout seul (aller on verse une tite larme), mais tranquille d’un autre côté, trop parfois (re tite larme).
On me dit “mais t’as plein de temps libre tu fais ce que tu veux quand tu veux” Oui mais tu ne comptes plus tes heures entre le commercial, la gestion, l’autoformation, et le vrai travail facturé les journées paraissent bien courtes.

Il faut être organisé … je n’ai pas encore super bien appliqué ce point.

Que ferais-tu différemment si c’était à refaire ?

Rien, le timing et les événements étaient nickels.

La suite ?

J’espère pouvoir faire dans le boulot des trucs dans lesquels je m’éclate et surtout avoir toujours du travail (même des trucs dans lesquels je m’éclate moins) pour ne pas redevenir salarié, être indépendant c’est tellement bon.

La question que j’aurai du poser ?

Bon ok peut-être la question que l’on me pose souvent :
Est-ce que ça rapporte plus ?

Pour les premières années et pour mon expérience si on parle d’argent carrément pas mais si on ajoute le confort de vie surtout si on a une petite famille ça n’a rien à voir (gérer son temps, voir plus souvent ses enfants, aucun transport …).
Devenir graphiste indépendant pour être riche n’est pas la bonne méthode à moins d’être une star (y en a-t-il ?), mais on peut en vivre (chaque année nous réserve bien des surprises).

Bye

Bye et merci Cédric icon smile Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)
Vous avez un retour d’expérience différent sur le métier de freelance ou autre ?
N’hésitez pas les commentaires ou les demandes d’interviews sont les bienvenues icon smile Devenir Designer freelance (Cédric Thiébaut)

Retours d’expérience récents :
devenir Motion Director (Clément Gino)expatriation (Mathieu Babin)

Devenir Motion Director (Clément Gino)

Clement32 Devenir Motion Director (Clément Gino)Découvert sur zeutch.com

Vous avez sûrement déjà vu le travail de Clement Gino (Kenzo, Sony Ericson, … Allez voir son site et son blog). Pourtant à 26 ans, c’est un jeune Motion Director qui vient d’entrer dans le monde, bien particulier, des boîtes de prod…

J’avais prévu une intro géniale (si, si je vous assure) mais il exprime tellement bien son parcours et ses préoccupations que je mets ça de côté…  icon twisted Devenir Motion Director (Clément Gino)

Pour ceux qui n’auraient pas vu son showreel, je le remets en fin d’article (même si je vous conseille à nouveau d’aller voir son site avant de lire cette interview icon confused Devenir Motion Director (Clément Gino) )
Place donc au Retour d’expérience de Clément Gino.

 

Comment s’est passé ta fin d’études et tes premières recherches de travail ?

J’ai un parcours un peu atypique. J’ai fini mon école de cinéma, le Conservatoire Libre du Cinéma Français à Paris, très orienté cinéma d’auteur, en 2005. Suite à ça, je suis parti pendant un an, voyager un peu partout dans le monde, sans projet particulier autre qu’observer et découvrir sans caméra.
Au retour, j’ai réalisé trois courts métrages, dont un qui a spécialement bien marché en festivals (vingt sélections et dix prix), tout en travaillant à mi-temps dans des boulots alimentaires à côté. Le mythe du producteur qui t’attend avec son chéquier à la sortie du festival pour ton prochain film n’est pas apparu.
Je me suis ensuite installé à Marseille, après avoir travaillé comme berger dans les Alpes du sud, où j’ai passé du temps à écrire et dessiner. J’ai également bossé dans des fermes bio pour apprendre à cultiver des légumes.
Toutes ces expériences très concrètes étant en relation avec ma sensibilité pour la nature, qui se retrouve assez souvent dans mon univers, sont réinjectés maintenant dans mon travail actuel qui est beaucoup plus virtuel. En tant que réalisateur, je pense que, plus on a vécu d’expériences fortes et différentes, plus ton travail peut avoir de textures et de vibrations, si tu sais les canaliser.
Puis j’ai déménagé à Rennes où je me suis remis à la vidéo avec un Canon 5D MarkII, et j’ai appris en autodidacte à travailler sur After Effects, essentiellement avec des tutoriaux trouvés sur le net. J’avais dans l’idée de revenir sur Paris, mais je voulais travailler directement sur des projets qui correspondaient à mon univers, donc j’ai réalisé un certain nombre de fausses pubs et de clips, que j’ai mis sur mon site web.
Je suis revenu depuis trois mois sur Paris, où je pensais démarcher les boites de production, mais il se trouve que ce sont elles qui m’ont contacté en tombant sur mon travail. C’est encore tout frais, mais je suis maintenant représenté par WizzDesign pour la publicité, et je devrais également travailler sur d’autres projets (clips, direction artistique…) avec SoixanteQuinze, qui sont deux sociétés de production/post-production/vfx parisiennes reconnues.

Comment te présentes-tu ?

C’est un peu compliqué car je touche un peu à tout : concept, écriture, direction artistique, réalisation, cadrage, motion design, visual fx, montage. Mais en général, en voyant mon travail, les boites comprennent assez vite ce que je pourrais leur apporter. J’ai un style assez personnel et assez marqué qui ressort dans mes travaux, et c’est ce qui les intéresse, j’ai un oeil qui donne ce côté particulier à mes vidéos. Je pense que les boites recherchent cette personnalité dans des travaux, ainsi elles peuvent te faire plus facilement confiance, car elles imaginent ce que tu pourras faire sur leurs commandes. C’est important d’avoir son univers.

As-tu eu des désillusions par rapport à l’idée que tu faisais du métier ?

En entrant dans mon école de cinéma, j’avais beaucoup d’espoir sur une façon alternative de faire des films. En sortant, j’étais assez désillusionné sur la réalité du milieu, complètement dépendant des aides extérieures et d’un casting bankable. C’est pourquoi j’ai eu besoin de partir après ça.
Du coup, tout ce que j’ai réalisé par la suite était en auto-production à très petit budget, mais ça a pourtant assez bien marché. Cependant, réaliser un vrai film demande des sacrifices quasi-surhumains, sur des années, qui ne débouche parfois sur rien, voir sur un gouffre financier, qui te coupe à jamais l’envie de faire des images.
Et puis il faut pouvoir en vivre. Je me suis intéressé qu’assez récemment au secteur de la publicité, et je me suis rendu compte qu’il y avait des possibilités de créations extrêmement variées, ainsi que d’avoir des budgets plus confortables permettant d’inventer des choses jamais vues ou jamais faîtes, tout en changeant souvent de projets.

As-tu rencontré de vraies difficultés ?

Les difficultés sont plutôt dans le fait de garder la foi dans les projets pour aller jusqu’au bout. Le plus dur, ce n’est pas de commencer un projet, c’est de le finir et de le diffuser donc, ce qui est son but premier, d’atterrir devant les yeux du public. On peut penser avoir le meilleur projet du monde, si on ne le finit pas…
Il y a plein de moments de doute, où on se demande qui ça pourrait bien intéressé au final. Il faut parfois s’enfermer et bosser sans réfléchir, avancer. Et le diffuser surtout, pour avoir des retours, il y a plein de plateformes très pratiques sur le net aujourd’hui, comme Vimeo par exemple.
Après le travail ne me fait pas vraiment peur, je suis assez passionné par ce que je fais, et je culpabilise même les jours où je n’ai pas avancé sur au moins un projet. Mais il faut savoir prendre de la distance, se laisser des pauses, montrer son travail pour le voir dans les yeux des autres, car ça peut-être un boulot très solitaire.

As-tu quelques conseils à donner à ceux qui veulent faire ce métier ?

Avoir un beau site web graphique et propre avec des exemples de son travail est indispensable je pense, c’est une vraie carte de visite aujourd’hui.
Ecrire ou concevoir des projets légers et réalisables au début, pour être sûr de les finir. Ne pas partir dans des super productions. On peut apprendre énormément rien qu’avec les tutos sur le net, trouver des effets qui vous plaisent et les remettre à sa sauce.
Faire des fausses pubs est aussi intéressant si c’est le milieu que vous souhaitez intégrer, car ça permet bien aux boites de productions de s’imaginer ce dont vous êtes capable.
Diffusez vos créations au plus large mais sans forcing et sans être lourd. Envoyez ses travaux ou son site web aux sites d’influences graphiques type Fubiz, qui sont regardés par des créatifs et des directeurs artistiques en recherche de nouveaux talents. Et également à toutes les boites ou artistes dont vous appréciez le travail, et où ils pourraient trouver des similitudes avec le vôtre.

Et maintenant ?

J’aimerais principalement travailler sur des projets qui me plaisent, me permettant de développer mon univers, avec de plus en plus de moyens. Faire des pubs originales et des clips créatifs, en essayant d’y injecter une part de poésie. Rencontrer des gens avec qui j’apprécie travailler. Dessiner un peu plus. Pourquoi pas transmettre par un peu de formation ou d’enseignement. J’aimerais bien bosser à l’étranger de temps en temps aussi…
Et puis, dans un certain nombre d’années, avoir une petite ferme dans un coin perdu en Provence, pour y bosser plus ou moins à distance, ne me déplairait pas.

Je vois bien cet univers où atmosphère qui donne ton cachet. Peut-être est-ce trop tôt mais as-tu déjà pensé au risque de te retrouver enfermer par cette étiquette qui aujourd’hui te donne tant de liberté ?

C’est le problème de tout artiste je pense. Arriver à se renouveler tout en gardant un univers original. Il faut suivre ce qui se fait chaque jour en vidéo, motion design et graphisme pour découvrir de nouvelles techniques et enrichir sa palette. J’associe souvent la notion de plaisir avec mes travaux, c’est pourquoi si je m’ennuie au bout d’un moment, je teste d’autres directions. J’aime utiliser différents médias justement aussi pour varier les techniques dans mes créations, c’est un bon exercice pour se renouveler. Mais effectivement c’est un peu tôt pour se poser la question, on verra dans quelques années.

Parlons scénario, direction d’acteurs…dialogue, veux-tu bien ?

C’est une question délicate, je parlerais plus de concepts actuellement dans ce que je fais. Le scénario est un art particulier, et il y a des gens très doués qui le font très bien. En ce qui concerne la direction d’acteur et les dialogues, c’est aussi assez sensible, il faut trouver de très bons comédiens, qui interprètent parfaitement de bons dialogues pour que ça sonne juste. Les américains sont très forts pour ça, il n’y a qu’à regarder leurs nombreuses séries télévisées qui s’exportent partout. Actuellement je me concentre plus sur le visuel, j’ai plus souvent des images, une ambiance en tête, et je brode autour de ça. Je me laisse une part importante de liberté sur le tournage, pour improviser des plans qui n’étaient pas forcément prévu. On ne sait jamais exactement comment va être la lumière, comment elle va éclairer telle ou telle feuille, tel ou tel visage, il faut essayer d’attraper tout ça dans un laps de temps très court, surtout que j’adore tourner avec des lumières presque horizontales, donc assez éphémères. C’est assez souvent des plans qu’on avait pas spécialement prévus qui s’avère être les plus jolis, parce qu’ils ont quelque chose de très léger et naturel.

Quelle question aurais-tu voulu que je te pose ?

Peut-être une question sur des préoccupations plus matérielles et quotidiennes sur ma façon de travailler pourraient intéresser les lecteurs.
J’ai commencé avec de la Hi-8, puis DV, puis HDV, et maintenant 5D MarkII donc, dont j’adore les objectifs à focale courte, qu’on ne pouvait utiliser que sur des caméras cinéma avant.
J’aimerais bien tester la RED ou la PHANTOM prochainement, pour leur haute fréquence d’images permettant des ralentis assez incroyables.
Je travaille sur un iMac 27 depuis peu, j’ai longtemps bossé sur un Macbook blanc tout simple, mais il commençait quand même à montrer ses limites sur les derniers projets, je monte sur Première Pro, je truque et j’étalonne sur After Effects et Photoshop pour les photos, et la 3D avec Cinema4D en ce moment.
J’essaye de regarder tous les matins les nouvelles vidéos ou concepts graphiques qui sortent sur le net, pour me tenir au courant de ce qui ce fait et essayer de sentir l’air du temps.

Merci à Clément pour ce retour plus que passionnant  icon smile Devenir Motion Director (Clément Gino)

Dans la même série : Retour d’expérience: expatriation (Mathieu Babin)

Expatriation (Mathieu Babin)

mathieu Expatriation (Mathieu Babin)

Retour d’expérience

Première interview d’une nouvelle série : Retour d’expérience.
Cette série a pour but de renseigner ceux qui se posent des questions sur (ou qui n’osent pas tenter) une expérience qui touche au design.

Mathieu Babin

J’ai eu le plaisir de travailler avec Mathieu Babin, un web & motion designer plein de talent (allez donc faire un grand tour sur son site coffeeandbrownie.net).

En 2008 (à 24 ans), il a décidé d’élargir son horizon en tentant sa chance à Montréal et ça lui a bien réussi   icon confused Expatriation (Mathieu Babin) . Il y est resté un an.

Voici son retour d’expérience.
Merci Mathieu !

Comment t’es-tu préparé à ton expatriation ?

Je me suis surtout occupé des choses administratives, comme Visa, Assurances. Et puis trouver où dormir la première semaine quand on arrive dans une nouvelle ville.

Avais-tu déjà des contacts professionnels là-bas ?

Non, je fais souvent une recherche avant de partir pour identifier les 4/5 studios qui me plaisent vraiment, puis une deuxième série de 15/20, et après tout le reste. J’envoie un mail à la première série deux semaines avant de partir, puis une semaine pour la deuxième série et ainsi de suite.

Quels ont été les difficultés que tu as rencontrées ?

Trouver un employeur qui veuille bien “prendre un risque” et “parier” sur le fait que tu va rester dans la ville/pays. L’intérêt pour eux c’est que tu apportes du sang neuf et que, souvent, tu es moins bien payé qu’un “local” car il est dur de connaître les “prix du marché” avant de partir. Autre difficulté, comme tu te retrouves dans une situation précaire (souvent dormir dans une auberge de jeunesse au début, pas de revenus les premières semaines …) tu es tenté d’accepter le premier boulot, au risque de finalement passer à coté d’une meilleure opportunité qui aura simplement mis plus de temps à arriver. Une fois qu’on a un boulot c’est comme déménager dans n’importe quelle ville de France, trouver un appart, mettre ses papiers en règles etc…

As-tu vu une différence au niveau professionnel entre la France et ces pays ? Et la France ça t’as manqué ?

Dans le monde Anglo-saxon on te laisse souvent plus rapidement ta chance, il est plus facile de se faire une place, d’intégrer les meilleurs studios sans avoir fait les 3 écoles classiques parisiennes… Il est plus facile aussi de se réinventer, d’évoluer dans son métier (graphiste print qui se met au motion, ne faire plus que du compositing, première expérience en temps que réalisateur etc…) En contre partie à la première bourrasque économique les licenciements ne se font pas attendre, mais de ce coté-ci la précarité n’est pas forcément plus manifeste que en France. Pour le mal du pays ça dépend de chacun, les premiers mois sont souvent très excitants, au bout d’un moment on souhaite quand même revoir ses potes et sa famille et les questions de fond apparaissent comme “ai-je envie de rester 1 an, 5 ans ou 10 ans ?” C’est souvent plus fonction des possibilités (visa) et opportunités (studio proposant un bon poste à bon salaire, vie sociale …)

Que ferais-tu différemment si c’était à refaire ?

Pas grand chose, je crois qu’il ne sert à rien d’en faire une montagne et de bloquer sur chaque détail, c’est comme de déménager de Lyon à Toulouse par ex, ça se prépare un peu mais dans l’absolu c’est juste histoire d’aller voir ailleurs. Surtout ne pas avoir peur de l’échec, au pire c’est quelques semaines de vacances dans un endroit sympa du monde.

Tu repars quand et où ?

J’essaye de partir a New York ou San Francisco, avec les problèmes de visa je ne sais pas quand ça se fera, mais dans pas longtemps je l’espère.

Donc bonne route Mathieu icon smile Expatriation (Mathieu Babin)